PHÉNIX



Sous-Marin Phénix
Aimablement communiqué par : photo Marius BAR - cote/ A03147 - 15-11-1932
http://mariusbar-photo.com

Insigne du Sous-Marin Phénix
Légende du Sous-Marin Phénix

Type
1500 tonnes - Sous-Marin à double coque
Dans la série
Type M-5
Q-136 : Redoutable
Q-137 : Vengeur

Type M-6
Q-138 : Pascal, Q-139 : Pasteur, Q-140 : Henri-Poincaré, Q-141 : Poncelet, Q-142 : Archimède, Q-143 : Fresnel
Q-144 : Monge, Q-147 : Achille, Q-148 : Ajax, Q-149 : Actéon, Q-150 : Archéron
Q-151 : Argo, Q-153 : Prométhée, Q-154 : Persée, Q-155 : Protée, Q-156 : Pégase
Q-157 : Phénix, Q-167 : L'Espoir, Q-168 : Le Glorieux, Q-169 : Le Centaure, Q-170 : Le Héros
Q-171 : Le Conquérant, Q-172 : Le Tonnant, Q-178 : Agosta, Q-179 : Béveziers, Q-180 : Ouessant
Q-181 : Sidi-Ferruch, Q-182 : Sfax, Q-183 : Casabianca
Sous-Marin
- Q-157 - Tranche 1927
Programme Naval N° 111
Mise en chantier
06 Février 1928
Mise sur cale
05 Novembre 1928
Lancement
12 Avril 1940
Armement pour essais
01 Juillet 1930
Essais officiels
11 Septembre 1930
Entrée en armement définitif
29 Septembre 1931
Fin armement
05 Octobre 1931
Mise en service
21 Octobre 1932
Chantiers de Construction
Dubigeon - Nantes -
Déplacement
1570 tonnes en surface (1560 selon une autre source)
2084 tonnes (2060 selon une autre source)
Longueur
92,30 mètres
Largeur
8,20 mètres
Tirant d'eau
4,70 mètres
Coque épaisse
Entièrement rivée
Épaisseur : 16 mm
Moteurs
2 diesels Schneider 8 cylindres à 2 temps d'un total de 6000 CV
2 moteurs électriques Alsthom d'un total de 2000 CV
2 hélices de Ø 2,60 mètres
Gas-Oil
230 m³
Batteries
320 accumulateurs
Vitesse en surface
17 nœuds
Vitesse en plongée
10,20 nœuds
Armement
9 tubes lance-torpilles de Ø 550mm (4 AV, une tourelle triple orientable à l'ARR du kiosque et une tourelle quadruple à l'extrême ARR composée de deux tubes de Ø 550mm et deux tubes de Ø 400mm)
Deux torpilles de réserve de Ø 550mm
1 canon de 100mm du modèle SM1925 CA juste devant le kiosque. (200 obus de réserve). Cadence de tir : 8 coups/minute
1 affût double de mitrailleuse de 13,2mm modèle SM14 à l'arrière du kiosque
Rayon d'action
14000 nautiques à 7 nœuds en surface
97 nautiques à 5 nœuds en plongée
Immersion
80 mètres
Prise de plongée en 50 secondes
Endurance (jours)
30
Équipage
71 hommes (5 officiers, 14 officiers-mariniers, 52 quartiers-maîtres et matelots)
Commandants


© Du Nautilus au Redoutable
Plan du Pascal (Tiré de l'ouvrage Du Nautilus (1800) au Redoutable - Henri Le Masson)

Collection Claude Picard
Étrave du "Phénix" (Collection Claude Picard)

Quelques notes :

- En ce début d'année 1939, le monde de la sous-marinade est endeuillé par le naufrage de l'U.S.S. "Squalus (26 victimes), au large du New-Hampshire le 23 Mai, pendant des essais et par le naufrage du H.M.S. "Thétis" (2 survivants), le 01 Juin, qui coule au large de Birkenhead à la suite de l'ouverture accidentelle des deux portes d'un tube lance-torpilles. Ce dernier sera renfloué, renommé H.M.S. "Thunderbolt", il participera à la Deuxième Guerre Mondiale et sera coulé le 14 Mars 1943 au large de la Sicile par la corvette italienne "Cicogna".

- Plusieurs tentatives de déploiement de sous-marins en Indochine ont été envisagées sans succès depuis 1905. Mais le 04 Novembre 1938, le "Phénix" (Capitaine de Corvette Bouchacourt qui également Commandant de la 5ème D.S.M.) et l"Espoir" (Lieutenant de Vaisseau Montcel) appareillent de Toulon pour l'Asie du Sud-Est. Ils sont escortés par le torpilleur "La Railleuse" (Classe "Adroit") jusqu'à l'île de Galite (située au Nord de la Tunisie), puis par le torpilleur "L'Iphigénie" (Classe "La Melpomène") jusqu'à Malte et enfin par le contre-torpilleur "Épervier" (Classe "Aigle") jusqu'à Port-Saïd (Égypte) où ils mouillent le 10 Novembre 1938.
- Du 20 au 23 Novembre 1938, ils font escale à Djibouti, Aden puis Colombo du 02 au 08 Décembre 1938. Le 15 Décembre 1938, ils arrivent dans la soirée devant le Cap Saint-Jacques (Cochinchine) où ils se mettent au mouillage. Le lendemain, ils remontent la rivière Saïgon où ils accostent aux appontements des sous-marins à 10h00.
- Le "Phénix" entre en réparations à l'arsenal. Il est tombé en avarie de barres de direction et de plongées arrière le 13 Décembre 1938, au large de Singapour.
- Le 10 Février 1939, il est de nouveau disponible.
- À partir du 13, le "Phénix" et l"Espoir" effectuent une tournée sur les côtes d'Annam. Ils font escale à Cam-Ranh du 14 au 17 Février), Nha-Trang su 17 au 20 Février, Port-Dayot du 21 au 23 Février, de nouveau à Cam-Ranh du 21 au 23 Février puis à Tourane du 24 au 27 Février, retour à Saïgon le 01 Mars 1939.
- Le 07 Avril 1939, les italiens sur les ordres de Mussolini envahissent l'Albanie. Les deux sous-marins prennent les dispositions de temps de guerre.
- Le 14 Mars 1939, ils appareillent de Saïgon pour aller prendre leurs postes d'alerte à Cam-Ranh, ils y restent du 15 au 17 et rejoignent Saïgon le 18 Mars 1939.
- Le 01 Avril 1939, ils appareillent pour le Golfe du Tonkin.
- Le 05 Avril 1939, ils se trouvent à Haïphong où ils restent jusqu'au 12 Avril.
- Du 12 au 17 Avril 1939, ils effectuent une sortie dans la Baie d'Along avec escale à Hon-Gay. Puis ils font une reconnaissance des mouillages de l'île de la Surprise, de l'île des Merveilles et de l'îlot d'Appowan. Retour à Haïphon le 17 Avril 1939.
- Ils appareillent de Haïphong le 19 Avril et arrivent à Saïgon trois jours plus tard où les équipages sont envoyés au repos à Ðà Lat.
- Le 13 Juin 1939, le "Phénix" et l"Espoir" appareillent pour une tournée à Hong-Kong puis Manille pour effectuer une visite de courtoisie aux sous-mariniers britanniques et américains basés en Extrême-Orient.
- Après un exercice avec l'aviso colonial "Savorgnan de Brazza" (Classe "Bougainville"), les deux sous-marins mouillent à Cam-Ranh, le lendemain à midi. Il est prévu un autre exercice, le 15 Juin 1939, avec le croiseur "Lamotte-Picquet" (Classe "Duguay-Trouin).
- Le 15 Juin 1939 à 08h57, les deux sous-marins appareillent. À 09h30, ils franchissent la passe de Cam-Ranh. Sur ordre du "Phénix", ils prennent le poste de veille à 09h37. Ils font route au 90 à 12 nœuds. Puis une fois éloignés de la côte, ils font route au 40 à 09h50 puis au 60 à 10h00.
- Un hydravion "Loire 130" de l'Escadrille n°5, basée à Cat-Laï, signale le "Phénix" à l'horizon à 10h07 et en rapprochement à 10h22.
- Il plonge à 10h26, à 6,6 miles nautiques dans le 76 de la pointe de Cam-Rahn, toujours en route au 60. L"Espoir" plonge également à 10h27 en route au 120.
- Une heure plus tard, l"Espoir" fait surface après avoir tiré ses torpilles. Le "Phénix" quant à lui n'a pas fait surface...
- L"Espoir" entame la procédure de recherche avant de lancer à 12h18, l'avis d'alerte. L'Amiral n'est prévenu qu'à 15h00, il fait aussitôt appareiller le "Lamotte-Picquet" qui arrive sur zone à 16h35.
- Les deux bâtiments effectuent leurs recherches jusqu'à 17h06 er repèrent seulement une nappe de gas-oil en surface. L"Espoir" rentre à Cam-Rahn à 18h30.
- À la nuit, les réserves d'oxygène du "Phénix" sont théoriquement épuisées...


Liste des disparus

État-Major
Capitaine de Corvette BOUCHACOURT
(Commandant))
Lieutenant de Vaisseau BANÈZE
(Officier en second)
Enseigne de Vaisseau Gabriel VERON
Enseigne de Vaisseau André LAMBERT
Ingénieur Mécanicien MOUSSEAUX

Premiers maîtres
Charles LE RALLEC
Frédéric MONOT
Jean KERNINON

Maîtres
Sébastien BRONNEC
Jacques BELGRANT
Maurice DESNOS

Seconds Maîtres
Martin MULLER
Augustin FERRIE
Louis ROUZIC
Michel ZINGUERLIN
Yves KERLAU
Jean PLUEN
Joseph FEAT
Jean PERROT

Quartiers-maîtres
Claudius MARTIN
Yves CABON
Jean BALDI
Gaston BERNIER
Marcel TUPINON
Georges BRECHBIEL
Frédéric GOULEY
Marcel LE GOFF
Pierre LE DRIANNIC
Jacques THERMAC
Joseph JOUQUIN
Henri MULLER
Marcel BAUMLIN
Charles MARCOZ
Raymond BLANC
Robert LESCOP
Gaston AYMARD
Georges TISSOT
Max MAY
Raymond MORLET
Jean FOURCET
Jacques RAPPEL
Raymond DREUDIN
Auguste LAURENT
Henri FAURE
Raymond MACQUART
Jean FERRACCI
Raoul WEBERT
René DEICHES

Matelots
Alphonse KRUMB
Gaston MARCOUSSET
Jean KERLZU
Roger BALLESTROS
Paul CROZON
Jean CHAMBREUIL
Robert LEMARIE
Jacques BOUCHE
Émile HUC
François DELOURS
Lucien BUDIN
André de SAINT-MARTIN
Jacques LE BAIL
Jean FUBOIS
Pierre GRANDVALET
Jean DONIAS
Joseph BENOIT
Gabriel MARTINA
Henri NOUGAREDE
Aimé TAGLIANO
Jean MARMET
Célestin TOUSTOU
Gaston DECKER

Le quartier-maître L'HAMINOT de Lambézellec (Brest) est resté à terre à Saïgon et GUILLAUME est en permission lors du naufrage du "Phénix".

Communiqué sur la perte du Sous-Marin Phénix

Déclaration de Mr Daladier, Président du Conseil


- Le 16 Juin 1939, les recherches recommencent, y participent l"Espoir" (avec à son bord le vice-amiral DECOUX), l'aviso "Marne" (Type "Aisne") sous les ordres du Capitaine de Corvette du PORTZIC et le navire hydrographe "Octant" sous les ordres du Lieutenant de Vaisseau HONORAT.
- Dans la matinée un "Loire 130" de l'Escadrille n°5 repère visuellement le "Phénix" grâce à un éclairage favorable à 11,7 miles nautiques dans le 53 du feu de Hon-Chut, sur les fonds de 105 mètres.
- L'épave orientée Nord-Sud est partiellement entre deux eaux. Une extrémité "pointue" (sans doute l'étrave) de la coque semble être à 40 ou 50 mètres sous la surface, orientée au Nord. Une "protubérance" (sans doute le kiosque) apparaît sur le côté Ouest. La partie Sud est très indistincte. La coque du "Phénix", l'arrière sur le fond, formerait donc un angle de 40 à 60° avec celui-ci. La "Marne", qui balise l'emplacement le jour même, constate sur place des bulles d'air et de gazole. L'épave est donc entrain de se remplir d'eau et va progressivement s'enfoncer.
- Jusqu'au 05 Juillet 1939, plusieurs tentatives de renflouement restent vaines. Ont participé à ces tentatives l"Espoir", l"Octant" (le 22 Juin 1939, son sondeur montre que l'épave se trouve à 80 mètres de profondeur), la gabare "Cam-Ranh" de la D.P. de Saïgon, l'U.S.S. "Pigeon" (ASR-6) bâtiment de sauvetage de la 5ème Flottille de sous-marins américains.
- Le 05 Juillet 1939, une cérémonie funéraire a lieu au large de Cam-Ranh depuis le "Lamotte-Picquet" stoppé à la verticale de l'épave du "Phénix".

- La commission d'enquête formée par les autorités navales d'Indochine conclue, le 19 Juillet 1939, à une explosion de batterie, ayant mis instantanément les hommes du poste central du sous-marin hors d'état de procéder aux manœuvres qui auraient pu sauver le bâtiment. Il n'y aura pas de communiqué officiel en 1939.

- Des rumeurs ont couru disant que des marins se sont vantés d'avoir shunté les lampes témoins d'ouverture d'un panneau de descente. À la mer, cela aurait permis, à l'insu des officiers, de ventiler les postes, rendus étouffants par la chaleur humide de l'Indochine.
- L'arme sous-marine reconnaissait que l'habitabilité des "1500 tonnes" était déplorable sous les climats tropicaux.

Une suite d'erreurs et de fautes (© Jean LASSAQUE - "Plongée" 1996-1997).


Sources : "Les sous-marins français 1918-1945" de Claude Huan chez Marines éditions.
                "Les sous-marins de 1500 tonnes" de Claude Picard chez Marines éditions.
                "Du Nautilus (1800) au Redoutable" d'Henri Le Masson aux éditions Presses de la Cité.
                Magazines "Plongée" annuels de l'A.G.A.S.M. (1991 & 1996-1997).


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