H.M.S. "Seal"
L'Histoire selon une autre source
- Après que le Seal (Lt Cdr R P
Lonsdale) termine un mouillage de mine à 09h45 le 04 Mai
1940 dans une position très dangereuse à
l'intérieur du Kattegat (que Max Horton avait
approuvée contre l'avis de son état-major, bien que
cette déclaration ne repose que sur des témoignages
verbaux), il commence à se replier vers l'ouest,
menacé par des E-Boote venant du nord-est, entre deux
lignes insoupçonnées de mines allemandes
posées, respectivement, à 15 et 30 mètres de
profondeur.
- À 10h00, l'E-boot n'ayant pas été
repoussé, le Seal descend à 70 pieds
(≈ 21 mètres) et arrête tous les auxiliaires.
Une demi-heure plus tard, à neuf nautiques à l'est
du phare de Skagen, une violente explosion projette le
Seal par 22 brasses (≈ 22 mètres).
- Le poste torpilles, une partie de l'espace équipage, les
auxiliaires et la salle des machines sont inondés et le
sous-marin repose sur le fond à un angle de 18
degrés, proue vers le haut. Le Seal a
récupéré et remorqué une des mines
allemandes plus tôt dans la journée, qui a
finalement explosé.
- À 23h00, Lonsdale s'efforce d'alléger le
sous-marin pour s'échapper à la faveur de
l'obscurité. Mais ce n'est qu'à 01h00 le lendemain
matin qu'il fait surface, se révélant totalement
incontrôlable. Il est décidé de tenter de
gagner les eaux territoriales suédoises, par
l'arrière si nécessaire, seule façon de
rendre le sous-marin manœuvrable. Mais le jour se
lève tôt et, à 02h50, le Seal est
repéré par des avions allemands qui l'attaquent.
Des tirs de riposte sont échangés jusqu'à ce
que la mitrailleuse Lewis s'enraye, rendant toute riposte
impossible. Un avion allemand amerrit alors près du
Seal, menace l'équipage avec ses canons et fait
prisonnier le commandant. Les officiers restés à
bord sont réticents à couler le sous-marin avec
l'équipage, dont deux hommes grièvement
blessés, toujours à bord. De toute façon,
à l'arrivée du chalutier allemand UJ-128, le
Seal semble couler progressivement par l'arrière,
de lui-même. Il est remorqué jusqu'à
Fredrikshavn, coulant toujours progressivement, mais pas assez
vite. Heureusement, les dégâts causés par la
mine et la destruction d'appareils secrets par l'équipage
empêchent la Kriegsmarine de le remettre en
état.
Le KMS UJ 128 remorquant le H.M.S. Seal (© Bibliothek
für Zeitgeschichte, Stuttgart 389/17)
- Le Seal (UB - non
numéroté car il n'y a qu'un seul sous-marin
britannique) est désarmé en Juin 1941, mais pas
avant que Dönitz n'ait demandé sarcastiquement au
service des torpilles allemand pourquoi il ne peut pas copier les
torpilles britanniques du Seal, dont les
détonateurs sont fonctionnels.
- Lorsque l'équipage est libéré de son camp
de prisonniers de guerre à la fin de la guerre, Lonsdale
est traduit en cour martiale, mais acquitté honorablement.
L'Admiral des sous-marins de l'époque écrit
à l'Amirauté : « Il ne faut pas oublier que
les officiers et les hommes devaient souffrir des
séquelles psychologiques de leur plongée
prolongée sans l'aide moderne de l'oxygène et du
CO2, ce qui a pu altérer leur jugement. En
réalité, couler le sous-marin, avec toute la
pression du système télémoteur (1)
(hydraulique) évacuée, aurait
représenté une tâche difficile pour des
hommes épuisés. »
1) Appareil hydraulique de commande à distance d'un
servomoteur d'appareil à gouverner.(Source :
LAROUSSE)
Glossaire
Sources : SUBMARINES AT WAR 1939-1945 de Richard Compton-Hall
chez Periscope Publishing Ltd.